Le deuil périnatal, un deuil singulier

 

Comment penser la mort de son enfant avant la sienne ? Enterrer son bébé n’est pas logique ce n’est pas dans l’ordre naturel des choses. La douleur des parents est souvent insondable, indicible, incommunicable[1]. « Qu’est ce qu’on va devenir ? » est l’une des questions qui revient régulièrement.

 

Le deuil périnatal confronte les parents à de nombreuses pertes, ce qui rend entre autres, ce deuil singulier. Les parents ne perdent pas seulement leur bébé, mais aussi tout ce qu’il aurait pu être, ce qu’il représentait pour chacun d’eux. Surtout lorsqu’il s’agit du premier enfant, cet enfant leur permettait d’accéder à un nouveau statut, celui de parent.

 

Le processus du deuil peut être très lent pour certains et dépend de nombreux facteurs. Dans un premier temps, chaque couple, chaque personne va essayer de survivre à sa manière. La détresse profonde va s’exprimer différemment pour chacun.

 

Les réactions sociales et de l’entourage peuvent être variables. En effet, durant longtemps la perte d’un bébé à naître ou d’un nouveau né a été banalisée et n’a pas été reconnue socialement comme un deuil à part entière. Elle était vécue comme un non-événement. Certains parents verbalisent encore un décalage entre leur ressentis et le vécu de leur entourage, ce qui renforce le sentiment d’incompréhension et de solitude. De même, l’entourage peut se sentir démuni et peu armé pour entourer la famille durant cette épreuve. Le temps de la naissance et de la mort se télescopent. Des émotions douloureuses, complexes et contradictoires peuvent se mélanger.

 

La société ne leur renvoie pas qu’ils ont été parents, qu’ils sont parents. La crainte de l’oubli, surtout si l’enfant n’a pas vécu longtemps, est souvent énoncée par ces parents : « parfois je ne sais plus si j’ai été réellement enceinte ou si j’ai fait un cauchemar ». Quand cela est possible, conserver des souvenirs de leur enfant peut être aidant.

 

Certains parents décideront de refaire un bébé rapidement puis d’autres seront dans la crainte de revivre un tel cauchemar ou encore de culpabiliser de ce qui s’est passé. Refaire un enfant ne signifie pas qu’on oublie l’autre. Chaque enfant occupe sa place au sein de la famille.

Certains parents peuvent avoir besoin de faire appel à des professionnels, tels que des psychologues, des psychiatres ou des médecins, pour les aider.

 

Parallèlement, certaines associations et structures proposent en France un accompagnement psychologique et bénévole. Le soutien téléphonique et les groupes d’entraide aux parents ayant perdu leur enfant d’une maladie ou dans la période périnatale sont également à disposition des parents.

 

Introduction

Les soins palliatifs autour de la naissance : de quoi parle-t-on ?

Accompagner son bébé en fin de vie, une épreuve douloureuse

En fonction des situations, un accompagnement spécifique

Un cadre législatif pour soutenir les parents

Et pour les frères et sœurs du bébé, quel accompagnement ?

Comment les professionnels peuvent accompagner les parents

Le deuil périnatal, un deuil singulier

Ressources

Entretien avec le Dr Pierre Bétremieux, médecin hospitalier et spécialiste en néonatalogie et réanimation néonatale

Entretiens-vidéos avec Isabelle de Mézerac, présidente de l'association SPAMA

Entretien-vidéo réalisé par Sparadrap avec Céline Ricignuolo, psychologue dans le service de réanimation néonatale de l’hôpital de Meaux et membre de Clepsydre

 

Le contenu de ce dossier a été élaboré par l'équipe du Centre National de Ressources Soin Palliatif avec les contributions de :

 

  • Dr Pierre Bétrémieux, médecin hospitalier retraité et spécialiste en néonatalogie et réanimation néonatale
  • Isabelle de Mézerac, présidente de l’association SPAMA
  • Céline Ricignuolo, psychologue dans le service de réanimation néonatale de l’hôpital de Meaux et membre de Clepsydre, association réunissant des psychologues de services de réanimation néonatale et pédiatrique de Paris et d’Ile-de-France
  • EIRENE -  Equipe Ressource Régionale de Soins Palliatifs Pédiatriques CHRU de Lille, en particulier,Anne-Lise COUSIN, psychologue



[1] SOUBIEUX, M.J (2008) Le berceau vide. Deuil périnatal et travail de psychanalyste, éditions ères, p. 43