Dialogue & Solidarité

 

Entretien avec Magali Montu, responsable de Dialogue & Solidarité et Annie, Chantal, Yaël – bénévoles chargées de l’accueil, de l’écoute et de l’accompagnement des personnes endeuillées reçues par l’association dans l’Espace de Paris 8ème .

 

Propos recueillis par Dalith Castiel, chargée de l'accueil des personnes endeuillées au Centre National de Ressources Soin Palliatif.

 

Quelles sont les missions de votre association ?

 

  • Soutien moral et psychologique aux personnes veufs et veuves - par l’écoute, la proposition d’entretiens et la participation à des groupes de parole ; services gratuits et ouverts à tous ;
  • plus largement faire connaître aussi les besoins des personnes ayant perdu un compagnon, une compagne.

 

Quels types d'accompagnement et d'actions proposez-vous pour les personnes endeuillées ?

 

Accueil individuel et écoute téléphonique, en vis-à-vis ; proposition de participation à un groupe de parole.

 

Vous proposez différentes modalités d'accompagnement pour les personnes endeuillées. Comment ces différentes modalités se sont mises en œuvre au fil du temps et pour quelles raisons votre association les a fait évoluer ?

 

Après quelques entretiens individuels, a été créé un groupe de parole en après-midi. Selon les années, un deux ou trois groupes ont fonctionné et fonctionnent l’après-midi. Puis, pour accueillir les personnes encore en activité professionnelle, nous avons proposé les réunions d’un groupe du soir de 18h à 20h.

 

Que pensez-vous apporter aux personnes endeuillées ? Que vous témoignent-elles à ce sujet ?

 

Nous pensons leur apporter une écoute bienveillante, leur offrir un lieu où elles peuvent pleurer librement et échanger sans crainte d’être jugées. En fin de groupe, elles nous disent combien ce fut rassurant pour elles d’entendre que leurs réactions n’étaient pas anormales – et combien ces moments de partage et d’échanges les avaient aidées à avancer.

 

Selon vous, quelle est la particularité ou quelles sont les particularités d’un accompagnement par un bénévole en comparaison d’un accompagnement par un professionnel ?

 

Annie : Je suis bénévole, je pense qu’il est rassurant et encourageant pour les personnes endeuillées de voir que je m’en « suis sortie » - mais je ne donne mon témoignage sur tel ou tel aspect que si elles me le demandent expressément.

 

Chantal  : La particularité (et la force !) du bénévole est le fait d’avoir vécu une situation de deuil identique à celle des participants (veuvage).

 

Yaël  : L’accompagnement par une personne bénévole qui a, elle-même, vécu le deuil du conjoint apporte une crédibilité accrue aux échanges, une mise en confiance pour le partage des émotions, et authentifie les témoignages prometteurs.

Il est un message d’espoir pour l’endeuillé(e) : l’espérance pour lui (elle) aussi de réussir à vaincre l’insurmontable, une fenêtre ouverte vers un avenir encore possible, où le soleil brillera à nouveau, même si celui-ci reste un peu voilé.

 

Quelles sont les motivations qui vous ont amené à vous impliquer : d'’une part, dans le bénévolat d’accompagnement du deuil et dautre part, dans cette association en particulier ?

 

Annie :  Disposant de temps libre, j’ai souhaité aider des personnes qui vivaient le veuvage, comme je l’avais vécu en 1983. A Dialogue & solidarité en particulier, parce qu’à la création en 1997, j’étais présente.

 

Chantal  Ayant moi-même bénéficié de l’aide d’un groupe, j’ai souhaité rendre ce qui m’avait été apporté et ce, au sein de la même association.

 

Yaël  :  Avoir moi-même bénéficié et participé à un groupe de parole a contribué à ma reconstruction, voire  une résurrection, il me semblait donc naturel de rendre ce que j’ai reçu, après avoir vérifié que j’en étais capable psychologiquement et émotionnellement.

Dialogue & Solidarité, fondée par l’OCIRP, c’est l’association qui m’a aidé à me reconstruire, donc pourquoi aller ailleurs ? Je m’y trouve bien, l’accueil est chaleureux, nous sommes soutenus par une supervision mensuelle. Il existe aussi une reconnaissance du travail accompli.

 

Selon vous, qu'exige la pratique de l'accompagnement du deuil pour un bénévole ?

 

Annie :  Une disponibilité, une oreille bienveillante pour écouter toutes les histoires, parfois dramatiques, des disparitions. Une absence de jugement des situations et des personnes.

 

Chantal  : Elle exige une assiduité dans l’accompagnement, une faculté à pouvoir se mettre en retrait vis-à-vis des situations évoquées, tout en conservant une grande faculté d’écoute.

 

Yaël  :  La faculté d’écoute et de partage des émotions, sans toutefois se laisser imprégner par la souffrance des endeuillés, ne pas être dans le jugement.

 

Quelles sont les ressources qui sont mises à votre disposition pour assurer votre bénévolat ?

 

Annie : Des locaux accueillants, un secrétariat, l’aide des psychologues – et la possibilité de suivre des conférences, des séminaires ou une formation.

 

Chantal  : Des locaux mis à disposition, un secrétariat , des réunions de supervision en présence des psychologues et des bénévoles.

 

Yaël  :  Des locaux agréables pour recevoir les éventuels accompagnés et y tenir nos réunions. Une supervision mensuelle animée par une psychologue, au cours de laquelle il est possible d’exprimer nos difficultés personnelles et d’exposer les problèmes spécifiques du groupe accompagné ou de l’un de ses participants. Un accompagnement réalisé en binôme avec un professionnel, ce qui me paraît indispensable si l’on n’a pas de formation de psychologue.

 

Dialogue & Solidarité

10 rue Cambacérès 75008 Paris

Tél numéro vert national 0 800 49 46 27

2 Espaces Dialogue & solidarité à Paris et 10 en région.

www.dialogueetsolidarite.asso.fr

 

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Le contenu de ce dossier a été élaboré par l'équipe du Centre National de Ressources Soin Palliatif