L’acupuncture pour les personnes en phase palliative ou en fin de vie

 

Article élaboré avec l’aide du Dr Fanny Reix que nous remercions.

 

Du latin acus « aiguille » et pungere « piquer », l’acupuncture consiste à implanter de fines aiguilles en divers points précis du corps à des fins thérapeutiques. Elle constitue une des branches de la médecine traditionnelle chinoise.

 

L’acupuncture, par une intervention douce et efficace, peut apporter une amélioration globale du bien-être des personnes en phase palliative ou en fin de vie.

 

Quelques notions sur l'acupuncture

 

 

Selon la médecine traditionnelle chinoise, dans le corps de chaque individu circule le Qi, qu’il est possible de traduire par « énergie vitale ». Cette traduction n’est pas tout à fait exacte mais elle permet aux Occidentaux de se représenter ce concept. Quand la circulation de cette énergie est déséquilibrée, perturbée ou bloquée, des symptômes - douleurs, baisse d’énergie etc. peuvent apparaître. L’objectif de l’acupuncture va être de permettre au Qi de circuler librement : soit en le tonifiant, soit en le dispersant, soit en le rééquilibrant, avec l’insertion des aiguilles suivant des points choisis avec soin par le praticien.

 

Pour déterminer le choix des points d’implantation des aiguilles, l’’acupuncteur va interroger le patient sur ses antécédents et faire un examen clinique détaillé : auscultation, examen du teint, de la langue, palpation des points d’acupuncture, etc. C’est à partir de ces éléments qu’il va poser son diagnostic et déterminer le nombre d’aiguilles à implanter, la durée et le nombre de séances.

 

La pose des aiguilles est le plus souvent peu ou pas douloureuse. Pratiquée par un médecin formé, l’acupuncture a peu d’effets indésirables et  s’ils apparaissent parfois, ils sont légers et transitoires.

 

Après la séance, une somnolence peut survenir, un petit saignement ou un hématome au point de ponction. L’emploi d’aiguilles jetables à usage unique écarte tout risque infectieux.

 

Indications pour les patients en phase palliative et en fin de vie

 

 

Pour garantir la qualité du soin et son bon déroulement, il est impératif de choisir un praticien diplômé. Le malade peut demander à son médecin traitant ou au spécialiste qui le suit s’il a des praticiens à lui recommander.

 

Par ailleurs, dans les unités de soins palliatifs ou les équipes mobiles de soins palliatifs, certains professionnels médicaux sont formés à l’acupuncture et peuvent délivrer ce type de soins. Les équipes soignantes de soins palliatifs vont alors pouvoir proposer aux patients des séances d’acupuncture. Le nombre de séances, leur fréquence et leur objectif seront définis entre le patient et l’acupuncteur.

 

Le praticien va prêter attention à ne pas épuiser trop vite l’énergie restante, diminuée suite à la maladie. Il va intervenir pour soutenir l’énergie de défense du corps contre la maladie. L’acupuncture peut permettre de soulager certains symptômes tels que :

 

 

 

 

Le déroulement d’une séance : entretien avec le Dr Fanny Reix

 

Dr Fanny Reix

 

Diplômée d'acupuncture à l'Institut SHAO YANG de médecine traditionnelle chinoise depuis 2010, Fanny Reix est médecin généraliste, diplômée du DESC de soins palliatifs depuis 2011, exerçant à l’équipe mobile douleur et soins palliatifs du centre hospitalier de Vienne.

 

Propos recueillis par Marina Rennesson, responsable de la documentation au Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie

 

Quand commencer l’acupuncture pour un patient en phase palliative ?

 

Il est préférable de commencer le plus tôt possible un traitement par l’acupuncture dans le cadre des soins palliatifs et de ne pas attendre la toute fin de vie. En effet, l'évolution de la maladie, les nombreux traitements reçus ou encore l'alitement, affaiblissent les réserves énergétiques du patient. Or l’acupuncture intervient normalement pour dynamiser et faire circuler ces énergies. Dans ce cas, l’acupuncture est particulièrement recommandée pour l’accompagnement de chimiothérapie palliative, la gestion des émotions et la diminution des symptômes d’inconfort. L’acupuncteur utilisera peu d'aiguilles, voire la digitopuncture, la moxibustion, ou l'auriculothérapie.

 

Comment se déroule une séance en pratique ?

 

Cinq à vingt aiguilles stériles à usage unique peuvent être posées. La séance peut durer environ 30 minutes, une fois que les aiguilles sont installées. C’est le temps nécessaire au « travail énergétique » de l’aiguille et au repos du patient. Le soulagement peut être immédiat ou différé. Le suivi peut être quotidien à mensuel selon les symptômes.

 

Il existe différentes méthodes :

 

  • les aiguilles,
  • la digitopuncture : massage des points,
  • l'électro acupuncture : utilisation d'électrodes à faible courant branchées sur l'aiguille pour en potentialiser l'effet,
  • la moxibustion : chauffer le point en rapprochant de la peau, sans la toucher, un bâton d'armoise,
  • les ventouses : posées sur la peau pour faire « circuler les stases ».

 

Bibliographie sélective

 

Acupuncture in Médecines alternatives : le guide critique / sous la dir. de ERNST, Edzard, coord. scientifique édition française, MARBOUTY, Jean-Michel, Elsevier, 2004, pages 28-33

L’acupuncture en fin de vie : peut-on « tout déplacer » ? / MASSE, L. C. in Manuel de soins palliatifs, ouvrage coordonné par Didier de Broucker et Dominique Jacquemin, Dunod, 3ème edition revue et mise à jour, 2009, pages 958-963

Explorer les bénéfices de l’acupuncture chez des patients atteints de cancer en phase palliative / REIX, Fanny ; GUILLOUX, Ronald ; ROCHE, Sylvain ; FILBET, Marylène. Médecine palliative, 2015, vol.14 n°1, pages 22-30

 

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