La douleur

« Je souffre - je suis », Paul Ricoeur [1]

 

Pour vous aider au quotidien, que vous soyez la personne malade ou l’un de ses proches, ces conseils pratiques sont faits pour vous. Vous pouvez choisir ceux qui vous conviennent le mieux. Vous pouvez également en discuter entre vous.

 

Ecouter nos deux podcasts audio sur le site de notre partenaire Priorité Santé Mutualiste : " Comment vivre avec la douleur ? "

 

Quelques repères 

 

La douleur est une expérience désagréable, voire insupportable, qui repose sur le ressenti de chaque personne. Elle est subjective et n’est pas visible. Elle n’est donc pas toujours bien comprise par l’entourage. Ces douleurs ne doivent pas être minimisées, surtout si elles durent et même si elles sont peu intenses.

 

Il existe différents types de douleur. Chaque type de douleur nécessite une prise en charge spécifique et adaptée à chaque personne.

 

Chez la personne gravement malade, la douleur et l’angoisse sont souvent intriquées.

 

Souffrir physiquement a des répercussions importantes sur la qualité de vie, le moral, les relations avec ses proches et avec les professionnels de santé. La douleur persistante doit pouvoir être entendue et replacée dans l’histoire de la personne.

 

Parfois la douleur peut être interprétée comme un signe de la gravité de la maladie. Pourtant, ce n’est pas toujours le cas. Certaines pathologies ne provoquent pas de douleurs, même à un stade avancé de la maladie. À l’inverse, des douleurs persistent parfois alors que la pathologie n’est pas évoluée. Quelles que soient sa cause et son intensité, prévenir et traiter la douleur sont nécessaires et essentiels tout au long de la maladie.

 

Le traitement de la douleur est une priorité et fait l’objet de recommandations nationales et internationales.

 

L’importance d’en parler avec le médecin et/ou à un professionnel de santé 

 

Les professionnels de santé vont évaluer la douleur en parlant avec le malade et à l’aide des échelles numériques. Ces échelles permettent  de mesurer l’intensité de la douleur et son impact sur la qualité de vie de la personne. Pour les adultes, l’échelle la plus souvent utilisée est l’échelle numérique, graduée de 0 pour une absence de douleur, à 10 pour la douleur maximale imaginable. Pour les enfants, les médecins utilisent une échelle avec des visages.

 

En lien avec les professionnels de santé, vous pouvez :

 

  • Encourager votre proche à communiquer régulièrement sur sa douleur avec l’équipe soignante.
     
  • Comprendre sa douleur et ses variations au cours de la journée.
  • Identifier les facteurs qui favorisent ou qui soulagent la douleur – repos, sommeil, stress, fatigue, distraction, etc.
     
  • Echanger avec votre proche sur son traitement et parler avec lui de l’importance de respecter les prises régulières d’antalgiques afin d’éviter que la douleur ne s’installe. Ces échanges peuvent lui permettre de vous faire part de ses difficultés à prendre son traitement.
     
  • Proposer à votre proche de rencontrer un psychologue pour parler de sa douleur. Mettre des mots sur ses maux peut être source d’aide.
     
  • Envisager la possibilité de mettre en place des techniques complémentaires : acupuncture, relaxation, sophrologie, hypnose, auriculothérapie, etc.
     
  • Penser aux remèdes maison pour soulager certains types de douleur : la chaleur, le froid, des cataplasmes d’argile verte, etc. Le médecin et l’équipe soignante vous guideront vers le remède le plus approprié.

 

Face à certaines douleurs rebelles, l’avis d’un spécialiste de la prise en charge de la douleur peut être opportun. Des consultations douleur sont proposées par :
 

 

Quelques conseils lorsque la personne est douloureuse 

 

Lorsqu’on accompagne une personne qui a mal, il peut être très difficile de la voir souffrir. Cela peut générer un sentiment d’impuissance et même de désespoir.
Il est donc essentiel de vérifier en lien avec le médecin comment la douleur peut être soulagée. Chaque douleur est différente et nécessite une prise en charge adaptée.
Voici quelques conseils pour aider votre proche à apprendre à gérer la douleur dans sa vie quotidienne tout en respectant sa personnalité et sa manière de l’exprimer.

 

  •  Aider la personne à parler de sa douleur

 

Parler de sa douleur peut ne pas être simple. Certaines personnes peuvent le vivre comme un aveu de faiblesse ou un manque de courage. D’autres ont peur de déranger et s’efforcent de la supporter en silence. Elles pensent qu’il est normal de souffrir quand on est malade et qu’il faut l’accepter. Certaines personnes attendent que la douleur soit intolérable avant d’oser l’exprimer. D’autres ont peur de ce que la douleur signifie et préfèrent ne pas en parler.

 

D’autres personnes vont pouvoir plus facilement parler de leur douleur, jusqu’à prendre toute la place dans la relation avec leur proche.

 

  • Comprendre la douleur de la personne

 

L’intensité de la douleur peut varier au fil de la journée. Certaines douleurs ne sont pas  stables. La douleur peut avoir des variations, elle peut être intermittente, récurrente, avoir des pics, etc. La personne peut avoir besoin d’aide pour identifier les facteurs et les moments ou la douleur s’aggrave ou se soulage. Par exemple, la fatigue, le stress, les soucis, le manque de sommeil peuvent influencer l’intensité du mal perçu. A contrario, d’autres facteurs comme le repos, les loisirs, la distraction, de l’attention, les occupations peuvent diminuer la douleur. 

 

  • Etre à l’écoute de la personne

 

La douleur a une dimension psychologique importante. Chaque personne va avoir tendance à exprimer sa douleur différemment en lien avec sa personnalité et son histoire. La personne peut avoir besoin de se sentir entendue et respectée dans sa singularité, notamment par rapport à son mode d’expression de la douleur. Seul votre proche peut vous guider, vous indiquer ce qui peut atténuer sa douleur et ce qui est pour lui source de confort – position, mouvements, etc.

 

De la même manière, la personne qui se plaint d’avoir mal, peut ressentir des répercussions sur son état psychologique. Ainsi, la douleur persistante entraîne souvent le renfermement et le repli sur soi. Même si l’on sait qu’écouter la plainte n’est pas facile ni agréable, il peut être très utile pour la personne malade de pouvoir verbaliser et mettre des mots sur sa souffrance physique et/ou psychique. Se sentir écouté et compris par ses proches peut être ressenti comme une forme de soutien. Si la personne le souhaite, lui proposer de l’accompagner, à certaines de ses consultations médicales sur la douleur. Cela peut lui prouver que vous êtes à son écoute, que vous cherchez à la comprendre et à la soutenir dans ce qu’elle vit.

 

  •  Eviter que la douleur ne prenne toute la place dans la vie de la personne.

 

Aider la personne à relativiser et apprécier des petits moments du quotidien. Garder du lien social, familial, associatif, des activités source de plaisir. Cela peut permettre de garder la douleur «  à bonne distance ».

 

Pour certains types de douleurs, les activités de distraction, de détente, les activités de plaisir peuvent apporter un soulagement considérable.

 

 


[1] « La souffrance n’est pas la douleur », communication faite au colloque « Le psychiatre devant la souffrance » organisé par l’Association Française de Psychiatrie à Brest les 25 et 26 janvier 1992. Communication publiée « Psychiatrie française », numéro spécial, juin 1992 et la revue Autrement « Souffrances », n°142, février 1994.