L’anxiété et l’angoisse

Pour vous aider au quotidien, que vous soyez la personne malade ou l’un de ses proches, ces conseils pratiques sont faits pour vous. Vous pouvez choisir ceux qui vous conviennent le mieux. Vous pouvez également en discuter entre vous.

 

Ecouter nos deux podcasts audio sur le site de notre partenaire Priorité Santé Mutualiste : " Comment faire avec l'angoisse ? "

 

Quelques repères


Les personne atteintes d’une maladie grave ou chronique, ou en situation de handicap ressentent fréquemment de l’anxiété ou de l’angoisse.

Ces ressentis font partie de la vie. Nous les connaissons plus ou moins.

L’anxiété et l’angoisse appartiennent à une même famille d’émotions.

 

Ces ressentis sont accompagnés de certaines manifestations physiques, par exemple : tensions et douleurs musculaires, troubles du sommeil, sensations d’étouffement, palpitations, sueurs, etc.

Ces émotions sont difficiles à vivre pour la personne gravement malade et ses proches.

 

Pour l’entourage, il est parfois complexe de décrypter l’anxiété et l’angoisse. Elles peuvent se manifester à travers :

 

  • certaines attitudes ou comportements - la personne peut par exemple se replier sur elle-même, ou être agressive, irritable, agitée, tendue, dans un état de grande vigilance.
  • certains troubles - du sommeil, de la digestion (comme des nausées ou des spasmes), respiratoires (gêne respiratoire, toux, etc.)
  • ou certaines paroles, par exemple si la personne répète qu’elle va mourir.

 

La personne malade peut éprouver ces émotions sans en être consciente. Elle peut aussi ne pas pouvoir le dire, en raison de facteurs liés à sa personnalité, sa culture ou son état physique.

L’anxiété ou l’angoisse sont des émotions à prendre en compte sans pour autant être banalisées ou dramatisées. On peut améliorer la qualité de vie du malade, en atténuant au mieux le caractère pénible de ces émotions, ce qui ne signifie pas forcément leur disparition totale.

 

L’importance d’en parler au médecin ou à un professionnel de santé

 

En parler à un médecin ou à un autre professionnel de santé permettra de définir ce qui peut être fait pour apaiser la personne malade.

 

En effet, l’anxiété et l’angoisse peuvent être de nature différente et avoir des origines diverses. Elles peuvent :

 

  • être provoquées par une pathologie, la douleur, le manque de sommeil,  la prise ou l’arrêt de certains médicaments. Le médecin pourra chercher à adapter les traitements à la situation du patient.

 

  • être liées à des questions existentielles : pourquoi cette maladie ? Quel est le sens de la vie ? Et après la mort ? Le patient pourra trouver auprès d’une autre personne – proche, bénévole, professionnel – un interlocuteur pour cheminer sur ces questions essentielles.

 

  • être en lien avec l’histoire et la personnalité de chacun. Un accompagnement psychologique par un professionnel de santé, psychologue ou psychiatre pourra être aidant.

 

  • être en lien avec une situation actuelle - par exemple l’annonce d’une « mauvaise nouvelle », l’anticipation d’une intervention technique, ou  le fait que sa situation n’a pas été clairement abordée avec le patient, alors que l’équipe soignante et la famille sont au courant. En parler avec un proche ou un professionnel pourra être apaisant pour la personne malade.

 

Les techniques de relaxation, de sophrologie, de yoga, d’acupuncture ou encore d’art-thérapie peuvent également soulager l’anxiété et l’angoisse.

Les proches peuvent aussi éprouver des inquiétudes. En parler avec un professionnel peut permettre de se sentir mieux et d’accueillir ensuite les angoisses du malade. Si cela reste trop difficile pour eux, il est possible d’identifier une autre personne ou un professionnel pour aborder ces questions avec la personne malade.

 

Quelques conseils lorsqu’une personne est anxieuse ou angoissée

 

Rechercher avec la personne ce qui peut l’apaiser, par exemple :

 

-         une présence, soit à proximité, soit plus à distance si la personne préfère ou si elle est loin

-         un contact physique - lui tenir la main, la caresser, faire un massage doux - en sachant que parfois, le contact physique peut être insupportable -

-         l’aider à respirer calmement (respiration abdominale), à se relaxer si possible.

-         prendre un bain si l’état de santé le permet

-         écouter de la musique[1], regarder la télévision

-         inviter la personne à mettre en mots ce qu’elle ressent, en la questionnant et en l’écoutant

-         lui signifier qu’elle n’est pas seule, que des professionnels s’occupent d’elle, quelle est entourée 

-         suggérer certaines activités physiques adaptées à l’état de santé de la personne en accord avec le médecin, par exemple la marche si la personne n’est pas alitée.

 

 

 

Source :

  • Christophe André "Le sens des mots angoisses ou anxiteté ?", psychologies.com, janvier 2003
  • La question de l’Angoisse de mort à l’épreuve de la fin de vie. Stéphane Amar, Perspectives Psy, volume 47, n°3, juillet-septembre 2008
  • Prise en charge de l’anxiété en soins palliatifs : privilégier un traitement étiologique, Dauchy S, Chauffour-Adler C, Med.Pall. 2002 ; 1
  • Frings M. « Les soins palliatifs et le besoin d’une approche métaphysique », European Journal of Palliative Care, 1997 ; 4 (4)
  • « Souffrance spirituelle » : quel accompagnement ? Tanguy Chatel, in ASP Liaisons, n°33 juin 2006, pp.13-19

 




[1] Il existe par exemple un programme appelé Music Care© qui permet de réduire la douleur et les angoisses liées à l’évolution de la maladie