La fin de vie des patients présentant un trouble psychiatrique : des repères pour les professionnels

Les troubles psychiatriques ont un fort impact sur la qualité de vie des patients et de leurs proches. Ils ont des conséquences en termes de précarité, d’exclusion et de conduite à risques pour la santé. En cas de maladie somatique, ils entravent souvent le dépistage, la prise en charge et l’accès aux soins.
Les patients atteints de troubles psychiatriques ont une espérance de vie plus courte que le reste de la population. Ils présentent notamment une mortalité prématurée par accident et suicide[1].

 

Concernant les lieux de fin de vie de ces patients, on observe peu de décès en milieu psychiatrique, que ce soit en secteur hospitalier ou en établissement spécialisé. Le plus souvent, ils sont transférés, en toute fin de vie, dans d’autres services au sein d’un hôpital général. Parfois, ils décèdent en Maisons d’Accueil Spécialisées - MAS.

 

Comment alors la prise en charge de la fin de vie de ces patients s’organise-t-elle dans des structures et services non spécialisés en psychiatrie ? Ou comment, dans certains cas, la fin de vie de ces patients peut-elle être prise en charge en psychiatrie? Comment en particulier la douleur physique, exprimée différemment par ces patients peut-elle être traitée ? Quelles questions se posent alors aux professionnels sur les plans juridiques et éthiques ? Sur quelles ressources peuvent-ils s’appuyer dans ces situations ?

 

Ce dossier propose aux professionnels qui s’occupent de patients atteints d’un trouble psychiatrique et en fin de vie, quel que soit le milieu dans lequel ils exercent, des repères à adapter pour la prise en charge de chaque personne malade. 

 

Ce dossier concerne plus particulièrement les patients atteints de psychose. Les psychoses recouvrent des réalités cliniques différentes et peuvent être définies comme « des états psychiques caractérisés par une altération profonde de la conscience du sujet […] et de son rapport avec la réalité. Une des manifestations caractéristiques, mais non systématique, est la présence d’un délire et de la conviction du sujet qui y adhère sans remise en question »[2].

 

Le contenu de ce dossier a été élaboré par l'équipe du Centre National de Ressources Soin Palliatif avec les collaborations actives et précieuses de :

 

 

 

  • Gilles Raoul Cormier, juriste, maître de conférences en droit civil à l’Université de Caen, Directeur du Diplôme Universitaire « Protection juridique des personnes vulnérables », couplé au Certificat national de Compétences « Mandataire judiciaire à la protection des majeurs »

 

 

Nous remercions également pour leur participation active :

 

  • Benoît Maillard, docteur en psychopathologie clinique, Centre Fédératif Douleur, Soins palliatifs, Ethique clinique - Centre Hospitalier Universitaire de Nantes

 

  • Dr Amel Nasfi, médecin chef de pôle USLD La Roseraie – EPS Maison Blanche

 

  • Stéphanie Gasnier, psychologue et Christelle Laugerat, infirmière IDE - EADSP 41

 

  • Céline Loubières, chargée de mission « participation des usagers » - Psycom

 

  • Lucien Verchezer, psychanalyste

 

  • Safié Kamar, psychologue clinicienne aux urgences psychiatriques - Hôpital de Pontoise et en cancérologie et Soins Palliatifs - clinique Claude Bernard

[1] Par exemple, 10 à 13% des personnes atteintes de schizophrénie se suicident, ce qui représente un risque seize fois plus élevé que dans la population générale : « Troubles psychotiques en cancérologie : référentiels inter régionaux en Soins Oncologiques de Support », AFSOS, SFPO, ACORESCA et UNR Santé, 27 février 2014, p.6

[2] « Soins palliatifs et situations psychiatriques chroniques » : questionnement à partir d’un cas clinique », Rhondali Wadih, Perceau Elise, Filbet Marilène, Médecine Palliative, 2010 ; 9(4) ; 177-183

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